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Qu'en est-il de l'ouverture sociale des écoles d'ingénieurs ?

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Depuis quelques années, grâce à 7 programmes "égalité des chances", les grandes écoles les plus prestigieuses tentent une ouverture sociale. Mais même si le nombre de boursiers augmente, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour atteindre une vraie diversité sociale.

La CGE (Conférence des grandes écoles) a publié son livre blanc sur l'ouverture sociale des grandes écoles en décembre 2010. Ce document fait le point des actions menées et annonce que 61 % de ses écoles membres, accueillent plus de 30% d'étudiants boursiers.

Toutefois, ces chiffres ne signifient pas que les grandes écoles du top 10 sont vraiment ouvertes à la diversité sociale. Pour être précis, l'ESSEC n'accueille que 4,2 % de boursiers, pour l'ESCP-Europe 4,4 % et HEC 12 %, et pour l'école d'ingénieur, l'École des Mines de Paris ou l'École des ponts accueillent 12 % de boursiers, Polytechnique 13 %, et Centrale Paris compte 17 % de boursiers.

Ces faibles taux sont principalement dus au fait que les écoles d'ingénieur et de commerce recrutent surtout dans les classes préparatoires situées dans les quartiers chics de Paris ou dans les grandes villes de province, écoles peu accessibles aux familles à faibles revenus.

En réalité, il s'avère que les actions d'ouverture sociale s'adressent principalement aux meilleurs élèves provenant d'un milieu modeste, et ciblent le plus souvent les élèves très motivés étudiant dans de bons établissements.

Il s'agit donc plus d'extraire les "pépites de banlieue", comme les appellent certains, plutôt que d'améliorer les performances de tous, ce qui entraîne un renouvellement plutôt faible des élites. Seule une rénovation des concours d'accès aux grandes écoles pourrait permettre d'augmenter la diversité sociale, mais cette réforme n'est pas encore d'actualité.

Photo : Seattle Municipal Archives (flickr.com)